L’Apprenti assassin – Robin Hobb

« Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant – par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l’existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l’égide du maître d’écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que Fitz reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L’ enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu’à un fil : celui de sa lame… »


Déjà lu il y a quelques années, je suis retombée sur ce titre au début du confinement, et j’ai eu une folle envie de le relire. Chose dite, chose faite ! J’ai redécouvert ce roman avec des yeux d’adultes, et je n’ai pas été déçue. Je me souvenais plutôt bien des grandes lignes de l’histoire, mais j’avais très peur d’être déçue, d’avoir idéalisé ce livre en tant qu’ado. Pas du tout ! Il se laisse dévorer tout aussi bien par les adultes, et captive tous les auditoires.

Un peu lassée par le début que je trouvais trop lent lors de ma dernière lecture, j’ai cette fois-ci beaucoup aimé. L’auteure a pris le temps de planter le décor, de nous faire entrer dans ce monde fantastique, en évitant les descriptions maladroites. C’est toujours quelque chose que je trouve délicat dans la fantasy, car l’univers particulier doit être expliqué aux lecteurs, mais très souvent cela manque de naturel ou bien les éléments sont introduits de façon malhabile. En nous faisant découvrir la cour, toutes les intrigues qui s’y passent et la dynastie des Loinvoyant à travers l’œil d’un petit garçon, les descriptions semblent spontanées. Avec Fitz qui grandit à la cour, de nouvelles parties du palais nous deviennent accessible, comme dans un jeu vidéo. Enfant, il est confié à Burrich, le maître d’étable, il côtoie les gardes, les servants, il peut explorer le château et la ville plus ou moins à sa guise. En grandissant, il doit suivre les cours appropriés pour un enfant de son rang (même illégitime), il est soumis à des contraintes plus sévères et ne peut plus passer son temps aux écuries, mais il rencontre d’autres jeunes de son âge. Enfin, il commence un apprentissage d’assassin royal, et découvre l’envers du décor, les coulisses du royaume et les secrets de la politique. Surtout, il rencontre Umbre qui va lui inculquer un savoir précieux.

Des personnages variés et hauts en couleurs peuplent ce roman, plus ennemis qu’amis, mais tous attirés par le bâtard pour une raison quelconque. Fitz apprend à reconnaître rapidement ceux qui lui veulent du bien, et ceux qui vont essayer de se débarrasser de lui par tous les moyens. C’est dans cet enchevêtrement que le lecteur atterrit, lui aussi perplexe quand à la valeur du garçon et à pourquoi tant de haine. Peu à peu tout s’éclaircit, mais d’autres questions bien plus graves surgissent. Qui sont les Pirates Rouges ? Que veulent-ils exactement ? Tout en étant maintenu dans le flou, Fitz doit exécuter les ordres royaux et déjouer les pièges qui lui sont tendus. En même temps, il doit apprendre à développer son Art, une magie mentale qui peut s’avérer très efficace si elle est bien maîtrisée et qui pourrait aider le prince-servant, mais qui est inutile voire dangereuse sans apprentissage. Fitz possède également le Vif, une connexion puissante aux animaux, qu’il doit absolument cacher, car passible de mort.

Un premier tome bien équilibré, qui donne toutes les clés pour comprendre les prochains livres, mais sans trop en dévoiler. Les personnages sont fascinants voire attachants, et ce nouveau monde est captivant. Les devoirs dont Fitz est chargé sont variés et permettent de jeter un coup d’œil dans différentes parties du château. La dimension fantastique combinée à la candeur du jeune garçon dans les premières centaines de pages forment un très bon combo. Le lecteur assiste également aux dilemmes moraux auxquels Fitz doit faire face, ainsi qu’à la pression psychologique dont il fait l’objet. Un excellent premier tome, qui me donne très très très envie de lire la suite !

Ne fais jamais ce que tu ne peux défaire avant d’avoir réfléchi à ce que tu ne pourras plus faire une fois que tu l’auras fait.

Roi Subtil, L’Apprenti assassin

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