Le dernier été – Benedict Wells

« Vous êtes ici parce que vous ne prenez pas de décision. Et c’est mauvais. Car si vous n’agissez pas, la vie le fera pour vous. Et la vie prend souvent les mauvaises décisions parce qu’elle punit les faibles et les pusillanimes. Le monde est fait pour les audacieux, les autres se contentent de suivre le courant, la plupart coulent ». Beck, un professeur de musique en pleine crise existentielle, a laissé derrière lui ses rêves de jeunesse. Quand il repère parmi ses élèves un guitariste prodige, il s’imagine devenir son imprésario, et, sortant de sa torpeur, croit pouvoir enfin rattraper le temps perdu. Son existence sera chamboulée, mais pas exactement comme il l’avait prévu… »


Trop contente de trouver un roman de Benedict Wells à la BNU, je me suis précipitée dessus ! Il n’a pas fait long feu dans ma PAL, je l’ai commencé assez rapidement, car j’avais vraiment apprécié La fin de la solitude. Wells a grandi en Bavière et cela se ressent dans ses livres, puisque les personnages viennent originairement de Munich ou que l’intrigue s’y passe. Issu de la célèbre famille des von Schirach, il s’est distancié de ce lourd patrimoine en changeant officiellement de nom, pour devenir célèbre par lui-même. Publié à l’âge de 23 ans, ce roman est son premier et cela se sent tout au long de l’intrigue.

Malgré le grand succès qu’a eu ce livre en Allemagne, j’ai été vraiment déçue. Je n’ai pas accroché avec l’histoire, je n’ai pas trouvé la trame très captivante, les personnages étaient un peu plats… Le livre se laisse lire facilement, il n’y a pas de grandes difficultés, mais je n’ai pas eu l’impression de rentrer dans le récit, comme si on flottait seulement à la surface tout au long des 400 pages. L’intrigue est floue, il est difficile de comprendre réellement où va l’histoire, quel est le but des personnages principaux, et notamment de Beck. Est-ce qu’il veut vraiment faire de son élève une star ? Est-ce qu’il veut rester avec Lara parce qu’il l’aime ou parce qu’il a horreur de la solitude ? Est-ce qu’il veut vraiment jouer de la musique ? Est-ce qu’il est professeur de musique parce qu’il ne sait rien faire d’autre ? Autant de questions qui restent en suspens et qui ne sont pas réellement travaillées.

De même, les personnages ne sont pas spécialement attachants. Benedict Wells n’est pas connu pour créer des personnages avec lesquels on souhaite devenir amis, il suffit de voir La fin de la solitude. Dans ce roman c’est particulièrement marquant, comme si Wells lui-même ne pouvait pas supporter les protagonistes. J’ai vraiment eu l’impression de suivre trois looser qui refaisaient sans arrêts des erreurs semblables, mais qui au lieu d’être émouvants, ne faisaient que tourner en rond. Comme l’histoire au final. Beck est vraiment énervant, j’ai des sentiments mitigés pour Rauli, qui ne m’inspire ni sympathie ni antipathie, quant à Charlie, c’est un fou pas méchant, mais je n’ai pas ressenti de pitié pour lui. Malgré un road-trip qui aurait pu donner le rythme nécessaire au récit, trop d’éléments différents font surface, avec peu de liens entre eux. Le suspense ne monte même pas, et pour ma part, je n’étais pas curieuse de voir ce qui allait se passer une fois arrivé à Istanbul. Même si un truc de dingue s’y était passé, je ne suis pas sûre que cela aurait changé radicalement ma vision du roman !

Il faut quand même que je nuance mon propos: ce n’était pas un roman nul, loin de là. Il était juste intéressant et aurait pu être beaucoup plus travaillé (du côté de l’éditeur également, les codes orthotypographiques pour les dialogues étaient franchement moyens…). Après tout, c’est seulement le premier publié par Wells, qui s’est nettement amélioré avec La fin de la solitude. En points positifs, je retiens notamment la musique et les nombreuses chansons citées, qui accompagnent agréablement le roman, ainsi que la structure du récit. Découpé comme une cassette, avec la face A et B et des chansons comme chapitres, c’est une belle idée !

Un livre pas pour tout le monde, donc, mais qui n’est pas mauvais pour un premier roman. À lire impérativement avant les autres ouvrages de Wells !

« There was no business like show-business, there was no delusion like self-delusion. »

Robert Beck

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