Rebellez-vous ! – Marie Laguerre & Laurène Daycard

« Un après-midi d’été, Marie Laguerre rentre chez elle, à Paris. A son passage, un homme la provoque. Ce n’est pas le premier : le harcèlement de rue fait partie du quotidien des femmes. Ce jour-là, Marie Laguerre ne baisse pas les yeux. Riposte. L’inconnu revient vers elle et la frappe. La vidéo de la scène sera vue plus de 10 millions de fois. Marie Laguerre est une femme de 23 ans, une étudiante qui ressemble à tant d’autres, et qui a osé dire non.  En France, elle est devenue l’un des visages emblématiques de l’ère #MeToo. Avant, elle se serait peut-être tue. Dans ce livre-manifeste, Marie Laguerre raconte comment elle est devenue féministe. Animée d’une rage utile, elle incite les femmes de toutes les générations à ne plus se laisser faire. Ce livre est un manuel de résistance, plein de conseils et d’outils. Une invitation à se rebeller. »


Aussitôt reçu, aussitôt commencé. J’ai d’abord admiré l’apparence extérieure de ce livre, joliment granuleuse et texturée, comme on le voit de plus en plus rarement. Le résumé m’avait déjà interpellée, et j’étais impatiente de voir comment ce sujet allait être traité, expliqué, et ce que j’allais pouvoir lire dans ce manuel de la rébellion. Je l’ai dévoré en à peine trois jours, le trouvant à la fois instructif, bien écrit et bien organisé. Le livre se compose de trois parties: l’agression de Marie Laguerre avec les conséquences, un manifeste de quelques pages et finalement d’un manuel de la rébellion.

La partie consacrée à l’agression de Marie Laguerre est détaillée – sans entrer dans les détails sordides – expliquant la série de choses qui a mené à ce jour, les faits, sa façon de réagir et d’en tirer le meilleur parti possible, les difficultés auxquelles elle a été confrontées et les soutiens qu’elle a trouvé. Elle se plonge aussi dans sa vie antérieure à l’attaque et analyse quelques-uns des comportements de société, des actes dont elle a été témoins ou victimes, des discrimations anodines qui façonnent le comportement des petites filles pour les freiner plus tard. Le plus fort dans ce témoignage, ce n’est pas seulement les faits racontés, mais le développement que fait Laguerre de toutes ces petites choses mises bout à bout, la réflexion qui relie tous ces points les uns avec les autres. Bien évidemment, elle n’est pas la première, elle parle d’ailleurs de nombreux groupes déjà existants (Paye Ta Schneck, T’as pensé à ?, etc.), mais c’est un des premiers textes sur lesquels je tombe où le discours est aussi clair, aussi limpide, avec nombre d’exemples qui empêchent toute réfutation.

Le manifeste est court, vibrant et malheureusement nécessaire. Blanc sur noir, l’urgence et l’importance se dégagent clairement.

La partie que j’ai trouvé plus qu’utile est celle du Manuel de la rébellion. Divisé en différents thèmes, comme « Au travail », « Sur les réseaux sociaux », « S’engager », les deux auteures abordent les façons de se protéger, de répondre et de faire face au harcèlement de rue ou aux dangers potentiels. Elles fournissent des idées de réponses, des tactiques pour désarçonner le harceleur, mais aussi des clés pour corriger des abus ou défauts de langages. En dehors de la rue, le harcèlement ou l’oppression des femmes se fait par d’autres moyens nocifs (couper la parole aux femmes plus qu’aux hommes, ou le fameux mansplaining entre autres) et là encore Laguerre et Daycard nous proposent un large éventail de solutions pour essayer de sortir de cette spirale. J’ai lu attentivement les pages consacrées à être témoin de violences, celles invitant à s’engager et toutes les ressources données à la fin du livres. Les auteures n’ont pas fait les choses à moitié, puisqu’elles ont listé de nombreux livres, BD, films, documentaires, podcasts, activités ou encore spectacles et discours pour mieux s’informer sur le sujet, et aussi du matériel pour préparer la nouvelle génération, car l’éducation commence aussi tôt que possible.

C’est un livre plein d’informations, de témoignages, un livre compact et lourd du poids des années passées à encaisser, un livre qui nous montre la voie, un livre qui nous encourage à arrêter de laisser passer. Un livre à mettre entre toutes les mains, celles des filles, des femmes, des hommes et surtout entre les mains des sceptiques et des machos.

Je remercie les Éditions de l’Iconoclaste et notamment Marion d’avoir mis ce livre à ma disposition. Mon avis n’est en aucun cas influencé par cet envoi !

« Il faut déloger le sexisme partout où il s’infiltre. Dans l’espace public et dans l’espace privé. Partout où il s’épanouit. Je vous invite ici à ne pas laisser glisser, laisser faire, laisser dire, laisser « importuner ». À garder la tête haute, le regard droit, le mot prêt à jaillir. La résignation n’est plus de mise. »

Marie Laguerre

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