Belle infidèle – Romane Lafore

« Belles infidèles : traductions libres, fleuries et souvent parcellaires des textes de l’Antiquité, qui privilégient l’élégance finale du français à la fidélité au texte d’origine.
Julien Sauvage est traducteur. Abonné aux guides de voyage et aux livres de cuisine, il rêve en vain d’écrire son propre roman : le récit sublimé d’un chagrin d’amour. Une façon pour lui d’en finir avec Laura, sa belle Franco-Italienne qui lui a piétiné le coeur. Mais contre toute attente, une éditrice parisienne le contacte pour traduire en urgence un roman encensé en Italie : Rebus, l’oeuvre d’un brillant trentenaire, Agostino Leonelli. Alors qu’il progresse dans la traduction, Julien retrouve la terre rouge des Pouilles, les figuiers de Barbarie, les jardins riches en plantes grasses avec la mer à l’horizon. Il plonge dans les années de plomb, que son vieux mentor Salvatore, libraire exilé à Paris, rechigne à évoquer. Il revoit Laura, sa lumière, son ventre constellé de grains de beauté. Il embrasse à nouveau la souplesse et les caprices de la langue italienne… Jusqu’à ce que le doute l’étreigne : l’histoire dont s’inspire Rebus pourrait-elle être aussi la sienne ? »


Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un roman édité dans la collection Arpège, même si plusieurs titres m’avaient déjà fait de l’oeil. Quand j’ai reçu ce beau livre de ma Marraine à Noël, j’ai été plus que ravie. Je l’ai immédiatement commencé et il m’a suivie jusqu’à Paris où j’ai passé quelques jours. Un joli hasard, puisque l’intrigue se déroule également dans la capitale ! Dernier livre lu en 2019, ce roman a été un véritable coup de coeur, impossible de le lâcher. Romane Lafore est traductrice de l’italien et vit à Paris, et toute l’atmosphère du roman en est imprégnée.

Dès les premières phrases, le lecteur est captivé, suspendu au récit. Les mots, les phrases, ont une saveur particulière et s’emboîtent parfaitement. Le roman tourne autour d’une femme que nous ne rencontrerons jamais, prisonnière de la mémoire de deux hommes, qui vont s’observer, se croiser, se détester tout au long de l’histoire. Un rythme de plus en plus rapide au fil des pages, au fur et à mesure que l’intrigue se révèle pleine et entière. Loin d’être redondants, les retournements de situation propulsent le roman vers l’avant à chaque fois, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui tourne les pages encore un petit peu plus rapidement. C’est avec un language magnifique qui fait jaillir un décor foisonnant, que l’auteure s’exprime, laissant le récit couler naturellement. L’italien et l’Italie, surtout les Pouilles, occupent une place très importante dans le roman. À de nombreuses reprises l’italien est utilisé, que ce soit pour un dialogue, pour un mot ou pour décrire une émotion. Je ne parle pas du tout italien, mais ce n’est pas un obstacle à la compréhension du livre, au contraire, cela apporte une richesse, une texture.

C’est un roman sans fautes, qui entraîne le lecteur dès les premières pages, et qui plaira sans doutes à un large public. Il m’a été difficile de ne pas lire ce roman d’une traite, tant j’avais envie de connaître la suite, même si je ne voulais pas quitter l’atmosphère créée par Romane Lafore. Je sais d’ores et déjà que c’est une auteure que je suivrais tout au long de sa carrière !