Les trois jours de Pompéi – Alberto Angela

« Auriez-vous survécu à l’éruption du Vésuve si vous aviez habité Pompéi en 79 après J.-C. et quelle aurait été votre existence jusqu’au cataclysme ? Après Empire, fabuleux voyage chez les Romains avec un simple sesterce, Alberto Angela nous fait vivre comme si nous y étions, et loin des idées reçues, l’une des plus grandes tragédies de l’Antiquité. Le 24 octobre, subitement, le modeste Vesuvius libéra une énergie équivalant à 50 000 bombes d’Hiroshima, ensevelissant Pompéi et ses habitants.  Malgré tout, il y eut des survivants ; l’historien en a retrouvé sept, grâce auxquels il nous offre un passionnant reportage sur la vie quotidienne au pied du volcan et, heure par heure, un film catastrophe riche en rebondissements.»


Comme j’avais adoré le premier livre d’Alberto Angela, Empire, j’ai été ravie de voir qu’il avait écrit d’autres ouvrages, dont un sur Pompéi. La ville et son histoire tragique m’ont toujours fascinée. Alberto Angela est un historien et paléontologue italien, très connu notamment grâce à l’émission Superquark qu’il présente avec son père.

Ce nouvel ouvrage se présente comme un compte à rebours, débutant trois jours avant l’éruption du Vésuvius, à mi-chemin entre le roman historique et l’ouvrage scientifique. Le lecteur découvre la ville de Pompéi dans tous ses recoins et fait la connaissance de personnages issus de différentes couches sociales. Tout comme Empire, les chapitres sont divisés en petites catégories, chacune dédiée à un aspect de la vie quotidienne à Pompéi. Ici, on ne suit pas un seul personnage mais une dizaine, à divers intervalles du compte à rebours. Des explications historiques, géographiques, médicales, psychologiques, culinaires ou encore des points d’ingénieurie sont éclaircis. De nombreuses anecdotes jalonnent ce bouquin. On apprend par exemple que les Pompéiens avaient l’habitude d’écrire sur les murs de la ville, à l’instar de nos graffitis actuels, pour encourager un candidat politique, pour établir des reconnaissances de dettes, pour déclarer leur flamme ou encore pour faire des commentaires rageux. D’un sujet à l’autre, le lecteur découvre tour à tour à quoi servaient les fresques ornant les murs des villas, que les Romains se servaient déjà de canalisations, mais aussi les avancées de la médecine en 79 après J. – C. Il n’y a pas un seul aspect de la vie quotidienne qui n’ait été épargné.

Ce que j’ai trouvé particulièrement agréable, c’est le dialogue qu’Alberto Angela instaure, expliquant les différentes théories qui mènent à la compréhension de x chose via des preuves scientifiques. Il donne des pistes de réflexion au lecteur, lui indiquant également où les limites du savoir se trouvent et où l’imagination commence. De plus, n’étant pas un roman, il est possible d’intégrer les sources et commentaires directement dans la narration, ce qui donne un récit beaucoup plus fluide, sans avoir besoin de se référer continuellement aux notes de fin. Malgré tout, cela reste un ouvrage très digeste, loin d’être empêtré dans un jargon professionnel, puisque l’humour est même de la partie.

Un vrai régal pour les passionnés de Rome Antique, les fascinés de Pompéi mais également accessibles à ceux qui ne s’y connaissent pas en Histoire !