Oyana – Éric Plamondon

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au Pays basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre.
Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.


Un livre aussi beau que Taqawan, aussi beau que ce à quoi je m’attendait. Dès les premières pages, j’ai été envoûtée, et j’ai dévoré ce livre d’une traite. Encore une fois, j’ai fait la découverte d’une région et d’un combat (politique) que je ne connaissais pas. C’est une des choses que j’aime le plus dans les deux romans de cet auteur que j’ai lus: il me fait découvrir des choses, élargir mon champ de vision et mes connaissances. Ce sont des évènements plutôt contemporains, mais que je n’ai pas vus aux infos ou auxquels je n’ai jamais prêté grande attention.

La structure du livre est divisée entre lettres écrites par Onaya, communiqués de presse ou articles journalistiques et des chapitres du point de vue omniscient. La vue d’ensemble est donc large, et montre plusieurs facettes de l’histoire qui se déroule, sans porter de jugements sur les faits, conservant une neutralité bienvenue. Le combat politique dont il est question dans ce livre est celui menée pendant une soixantaine d’années par le groupe ETA pour l’indépendance du Pays Basque. Nous entrons dans cette lutte par le biais dune femme d’une quarantaine d’années habitant à Montréal. D’abord de facon confuse, le lien n’est pas manifeste de prime abord, mais plus nous continuons dans le roman, plus la vérité se précise. Une plume simple, sans fioritures, sublime le texte et accroît la force du récit. J’ai fini par m’attacher à Oyana, femme esseulée, piégée par son passé et sérieusement désorientée.

L’importance de l’océan, sa présence, est un point récurrent du roman. Oyana en parle souvent, j’ai ressenti l’attachement viscéral qu’elle lui portait, ancré jusque dans ses souvenirs d’enfance. Le soulagement est palpable, lorsqu’elle se retrouve enfin devant lui.

De surprises en retournements de situation, j’ai été prise par le rythme du roman, baladée entre les lettres et les journaux, captivée. La fin est magistrale, me laissant sur le bord de mon siège, espérant qu’il y ait encore quelques pages, quelques lignes, pour répondre à toutes mes questions. Un roman que j’ai adoré et que je recommende chaudement ! Et peut-on admirer la couverture un instant ? Elle est juste magnifique !

Alise 🐢

2 Comments

  1. Ce livre a l’air très beau. Je vais voir s’ils l’ont à la médiathèque, parce que tu me donnes très envie de le lire !
    (Juste une petite remarque. Tu as fait une petite coquille dans ta chronique : “le groupe ETA pour l’indépendance des Pays-Bas” c’est le Pays basque, plutôt…)

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