Taqawan – Éric Plamondon

LRM_EXPORT_9203011806406_20190711_093054266.jpeg« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. » Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions.
Comme le saumon devenu tagawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source… Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits. »


J’ai entendu parler de ce livre partout, à la radio, à la télé, auprès des copains, durant mon stage, sur Instagram, et surtout, le titre m’intriguait beaucoup, même plus que le résumé. Histoire de me faire ma propre idée, je l’ai acheté… Quelle pépite !

C’est un roman assez dur, mais bel et bien réaliste. Basé sur des faits réels, la fiction de Plamondon réunit plusieurs personnages, une jeune Indienne, un ex-ranger, un anthropologue, une professeure française, un guérisseur indien et des des politiques. L’histoire démarre lors de la réquisition des filets de pêche des Indiens Mig’maq et nous entraîne dans un labyrinthe politique, juridique et moral. Je ne connaissais que très vaguement les problèmes que les Indiens rencontraient aux États-Unis, dans des réserves et j’ai découvert que le même problème existaient au Canada, doublé de tensions entre Québec et le gouvernement canadien. Pas mal de références m’ont échappées mais j’ai pu apprendre beaucoup de choses et j’ai apprécié avoir à la fois des arguments en faveur et en défaveur du droit de pêche indien.

J’ai aussi été fascinée par l’exposé d’une partie du mode de vie des autochtones et de leur histoire. Je n’avais pas réellement réalisé à quel point ils avaient tout perdu, à quel point ils ont été les vaincus sur leur propre territoire, et à quel point les colons ont peu à peu ravagés la terre de leur ancêtre, dont ils prenaient soin depuis des siècles. C’est un des côtés les plus tristes du roman, de voir combien ils sont devenus impuissants.

La plume de Plamondon est grave, rapide, précise, efficace et surtout très agréable. Il ne transforme pas les Indiens en victimes, mais nous les rend accessibles, par leur combativité et leur colère. J’ai aimé l’entremêlement des personnages: plus de nouveaux protagonistes apparaissaient, plus je savais qu’ils allaient être liés à un moment donné, mais moins je voyais comment ça allait être possible. J’ai été surprise plus d’une fois par les rebondissements et les changements de directions de l’histoire. Malgré un thème pas vraiment joyeux, j’ai dévoré ce livre en à peine 24 heures.

J’ai déjà commandé un autre roman de Plamondon, Oyana, afin de poursuivre ma découverte de l’auteur. J’aimerais aussi continuer à lire sur les indiens d’Amérique et du Canada !

Alise 🐢

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