La jeune épouse – Alessandro Baricco

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« Là où elle avait imaginé entrer comme épouse, elle se retrouvera soeur, fille, invitée, présence appréciée et objet décoratif. Y a-t-il des règles qui m’ont échappé ? demanda la Jeune Epouse. Si vous m’y autorisez, je n’en mentionnerai que quatre, histoire de ne pas courir trop de lièvres à la fois. Soit. » Italie, début du XXe siècle. La Jeune Epouse doit se marier avec le Fils. En attendant qu’il rentre d’Angleterre, elle va faire la connaissance de la Famille et de ses secrets bien gardés. »


J’ai enfin lu un livre de Baricco ! Depuis le temps que j’en entendais parler, je me suis décidée à acheter un de ses ouvrages. Celui-là me parlait bien, autant au niveau du titre que de la couverture, que je trouve magnifique.

Malheureusement, j’ai été déçue, autant par la forme que par le fond du roman. Il n’y a aucun chapitre, je n’ai pas accroché au découpage de la narration. Passer d’un personnage à l’autre n’était pas le problème, mais l’utilisation des pronoms était beaucoup trop littéraire, voire artistique pour moi. Baricco passe d’un protagoniste à l’autre en utilisant pour chacun à la fois le pronom « il/elle » mais aussi le « je ». C’est extrêment perturbant (c’est probablement le but) mais surtout, je ne trouve pas que cela apporte vraiment quelque chose au récit. Peu importe le pronom choisi, la narration reste très superficielle. Ce qui a ajouté à mon agacement, c’est que l’auteur a intercalé par-dessus des passages qui n’ont rien à voir avec l’histoire, mais qui racontent comment le manuscrit a été perdu dans un train ou je ne sais quoi, ou bien une amie à lui qui lit le passage du « chapitre » suivant. C’est rendu complexe pour rien, puisque ce n’est pas un enchevêtrement continu, sur toute la longueur du roman, mais des passages brefs à quelques reprises seulement. Quel est l’intérêt ? J’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à gagner des pages.

Sur le fond, j’ai été déçue aussi. Il y a beaucoup de va-et-vient et trop peu d’action pour capter mon attention. J’ai eu des difficultés à m’attacher aux personnages, car ils sont décrits de façon sommaire, sans nom, juste désignés par leur rang dans la famille « La jeune Épouse », « Le Fils », « La mère »… C’est un clan étrange, avec des codes et des comportements singuliers, comme l’Oncle qui dort tout le temps, partout et qui continue à parler et manger pendant ce temps. De temps en temps, j’ai réussi à les trouver attachants, mais ils me sont restés étrangers durant presque tous le récit. J’ai eu un peu pitié de cette pauvre jeune Épouse, un peu perdue, un peu seule, un peu naïve, qui n’arrive pas tout à fait à faire partie de la Famille, car le chaînon nécessaire, le Fils, est manquant. Le majordome est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, car il est dépeint de façon humaine. Hésitant, désireux d’aider, ombre nécessaire au bon fonctionnement de la maison, tout le monde se repose sur lui, lui laissant la responsabilité d’initier la nouvelle arrivée aux règles de la villa.

En résumé, c’est un livre que j’ai lu rapidement, mais qui m’a agacée, à la fois à cause du caractère superficiel et des procédés styliques bien trop particuliers à mon goût. Je ne sais pas si je lirais un autre livre d’Alessandro Baricco dans les prochains temps, mais je serais curieuse de re-tenter l’expérience pour voir si ma déception est à mettre sur le compte de l’auteur ou seulement de ce titre.

Alise 🐢

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