L’élégance du hérisson – Muriel Barbery

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. « 

« Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »


C’est avec beaucoup de retard que je me suis enfin plongée dans ce livre dont j’ai tant entendu parler. Trouvé par hasard chez des bouquinistes parisiens, je n’ai pas hésité !

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Enfin une vraie narration, avec de vrais mots qui croustillent sous la dent, qui font plaisir à lire ! Ces derniers temps j’ai beaucoup lu en anglais et allemand et je n’ai pas le même rapport avec la littérature française, où je comprends chaque mot, je peux apprécier chaque tournure de phrase, chaque petit détail de l’intrigue. C’est avec délectation (si, si !) que j’ai poursuivi ma lecture.

Non seulement j’ai trouvé que le texte était superbement travaillé (oui, j’ai dû ouvrir un dictionnaire de temps à autres et vérifier comment j’utilisais certains verbes), mais l’alternance entre Renée et Paloma était très bien construite. Il n’y a pas de redite, comme c’est parfois le cas quand il y a deux narrateurs, il y a un style bien différent entre la quinquagénaire et la toute jeune adolescente. Grâce à ces deux personnagess il est possible de découvrir deux facettes de la vie dans ce grand immeuble parisien et surtout le comportements des autres habitants. La fenêtre ouverte sur cette société particulière était tour à tour drôle, ironique, acide ou carrément triste.

J’ai aimé l’enchaînement de l’histoire, avec un rythme lent, qui laisse le temps de s’imprégner de l’atmosphère, sans presser le lecteur vers la sortie, ainsi que la façon de penser de la petite Paloma, et particulièrement ses Journaux du mouvement du monde. J’ai été touchée par le réalisme et la force de son écriture.

La rencontre entre Paloma et Renée se fait presque à la fin du roman, de façon plutôt brève, quelques semaines après qu’un nouveau propriétaire, Kakuro, ait emménagé. Les rendez-vous entre ces trois personnages, un peu en retrait par rapport à leur entourage est une révélation et un soulagement pour eux. C’est court, mais suffisamment important à leurs yeux pour justifier des changements de comportements, et marquer définitivement leur vie. Le roman se termine de façon abrupte, sur du détergent pour cuivres, alors même que personne ne l’a vu venir. Alors qu’une nouvelle vie commencait, que les esseulés s’étaient reconnus et retrouvées, que de nouvelles promesses voyaient le jour, tout s’arrête. Fin touchante et magnifique, une petite apothéose, j’ai refermé le livre assommée, ne voulant pas y croire.

En plus de personnages attachants, j’ai aussi découvert de nombreux livres, films et musiques, qui se sont ajoutés à mes listes de choses à connaître. Un roman riche en émotions (et en culture!), à lire tranquillement, en profitant !

Alise 🐢

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