La disparition de Josef Mengele – Olivier Guez

1949 : Josef Mengele débarque à Buenos Aires. Caché sous divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie. L’Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et il doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979. 
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet trente années durant ? Une plongée inouïe au coeur des ténèbres : voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud.


Ce semestre, la fac m’a obligée à prendre un cours appelée L’immoralisme littéraire en France depuis le XVIIIème siècle. Je trouve cela relativement cliché, mais soit, je n’ai pas le choix. Parmi la liste des titres étudiés, je trouve Houellebecq, Guez, Genet, Baudelaire, et j’en passe. Que certains aient publiés des choses « immorales », d’accord, mais de là à en faire une généralité, je le suis moins. Surtout que c’est bien beau de tout mettre sur le dos des Français, mais bon, Mozart qui compose des chansons pornographiques et Platon qui rédige des discours à la gloire des attributs féminins, on en parle beaucoup moins d’un coup, n’est-ce pas ? Toujours est-il que j’ai choisi quelques livres parmi cette liste, notamment La disparition de Josef Mengele que je voulais lire depuis un moment.

J’avais lu très vaguement le résumé et les critiques, convaincue que ce serait un roman rythmé, avec un côté de fiction historique. En fait non, pas vraiment, et c’était la première fois que je tombais sur ce genre de narration. J’ai lu ce roman avec l’impression d’y voir plus un genre de journal de bord, un récit de cavale où le personnage principal est encerclé de tous les côtés, cherchant un échappatoire à tout prix. Très peu de place laissé au lyrisme, au détail. Le discours est précis, entièrement tourné vers les tourments physiques (et psychologique) de Mengele, vers la folie qui le guette.

On en apprend finalement assez peu sur l’homme qu’il a été avant sa fuite, sur ce qu’il a exactement fait au camp. C’est évoqué, bien sûr, à plusieurs reprises, mais ce n’est en aucun cas au centre du roman. L’auteur s’attache à raconter comment Mengele a pu disparaître, les soutiens qui l’ont aidé, le parcours qu’il a suivi à travers l’Amérique du Sud, la vie qu’il a mené durant sa disparition, d’une vie riche et plaisante au début à un calvaire sans nom sur la fin. J’ai beaucoup apprécié le ton plutôt neutre du narrateur, qui n’a pas tenté d’enfoncer Mengele, mais en gardant un ton de circonstance, assez grave.

J’ai eu du mal à me plonger dans le roman, du fait du ton impersonnel et du rythme un peu saccadé de l’oeuvre, mais j’ai été sensible au soin des détails et au travail qui a été fait.

Alise 🐢

2 Comments

  1. Je l’ai trouvé ironiquement assez chirurgical : factuel dans l’avant et l’après 1945 et remarquable de documentation. La neutralité du ton est incroyable parce que Mengele est minable sans qu’il n’y ait besoin d’insister. Montrer la fuite et la déchéance de la personne permet aussi de combler un peu un vide, où la justice n’a pu faire oeuvre de mémoire. Un livre remarquable mais que je ne suis pas prête à relire de sitôt malgré tout. ^^

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