Un certain Paul Darrigrand – Philippe Besson

« Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié. »


Je cherchais un livre bien préçis pour présenter lors d’une émission de radio, et la gentille libraire des Librairies Fontaine à Paris m’a proposé le dernier Besson. J’avais adoré Les passants de Lisbonne et j’espérais secrètement y retrouver la même émotion.

Je n’avais pas lu Arrête avec tes mensonges, mais il n’y a eu aucun problème de ce côté-là, puisqu’il s’agissait d’une période bien particulière dans la vie amoureuse de Philippe Besson. Après la pire année de sa vie, selon ses mots, à Rouen, il va vivre une de ses plus belles années à Bordeaux, celle où il tombe amoureux d’un certain Paul Darrigrand. J’ai adoré comment il a introduit ce personnage:

« Paul s’assoit, balance négligemment devant lui un plateau où il n’a presque rien entassé, m’adresse un sourire narquois et finalement me tend la main: « Paul Darrigrand. » L’histoire vient de commencer.

Quand j’écris « L’histoire vient de commencer », ce n’est pas seulement parce que je connais la suite, non. Je l’écris parce qu’à l’instant préçis où il se présente, où il décline son identité, où j’entends sa voix pour la première fois, je le sais. »

Cette relation est ambigüe dès le début, car Paul est marié à une charmante femme, mais surtout parce qu’il semble avoir du mal à accepter son attachement à Philippe. La liaison entre ces deux jeunes hommes va se poursuivre pendant un peu plus d’un an, au gré des cours qu’ils suivent à l’université, mais aussi pendant tout le temps où Besson va être hospitalisé pour une maladie grave du sang. La façon dont il évoque les ravages du sida à cette époque, des jeunes gens qui marchent et un sniper qui les viserait de façon aléatoire est très touchante, on sent que c’est un moment qui l’a beaucoup marqué.

Tout au long du roman, Besson déroule ses souvenirs avec simplicité et un brin de recul, analysant les évènements de cette époque et réussissant à trouver les moments importants et déclencheurs. Les sentiments sont forts et se transmettent à la perfection à travers ses mots.

J’ai passé un bon moment en compagnie de Paul et Philippe, à découvrir une relation importante pour l’auteur, racontée tout en délicatesse.

Alise 🐢

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