L’odyssée d’Hakim T1 – Fabien Toulmé

 » Jamais je n’aurais imaginé que ça m’arriverait, et je me rends compte que n’importe qui peut devenir un « réfugié »… Il suffit que ton pays s’écroule. Soit tu t’écroules avec, soit tu pars. « 

L’histoire vraie d’Hakim, un jeune Syrien qui a dû tout quitter sa famille, ses amis, sa propre entreprise, son pays… devenant ainsi  » réfugié « . Parce que la guerre éclatait, parce qu’on l’avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un témoignage puissant et touchant sur ce que c’est d’être humain dans un monde qui oublie parfois de l’être.


La dernière BD que j’ai dévoré en une soirée ! Malgré une bonne épaisseur et un sujet d’actualité, j’ai lu cette histoire en quelques heures. J’en suis ressortie très émue, et aussi un peu honteuse. Ayant grandi du « bon côté » de l’hémisphère, je n’ai jamais eu à vivre tout ça, et même en étant totalement  pour l’aide et l’accueil des migrants en France et en Europe, je n’avais jamais saisi pleinement le dilemme de ceux qui abandonnent tout.

Loin de faire culpabiliser, ce roman graphique nous invite à voir la vie des migrants d’un autre point de vue. Notre vision occidentale de ces centaines de milliers de réfugiés dans les rues, sur des bateaux ou sous les bombes n’intègre que l’épisode le plus récent de leur vie. Il nous est difficile d’imaginer que ces migrants ont autant envie de venir en France que nous d’aller en Syrie.

Fabien Toulmé commence ce livre par la question de ses enfants: « Papa, c’est qui tous ces gens à la télé ? ». Et il admet qu’il ne sait pas. « Mais je vais aller leur demander ». Il part donc à la rencontre d’Hakim, réfugié en France avec sa femme et leur deux jeunes enfants.

Odyssée d'Hakim

Les dessins sont très clairs, plutôt simples, et ils arrivent à intégrer parfaitement le texte, l’un supportant l’autre. J’ai trouvé cela très bien fait, contrairement à beaucoup de BD. Le lecteur plonge dans l’histoire d’Hakim, racontée sans fioritures, et allant droit à l’essentiel. Le dialogue entre Fabien et Hakim est très intéressant, apportant des réponses à pleins de questions curieuses que j’avais. Hakim raconte les difficultés auxquelles il a fait face à chaque étape de son parcours, comment il a vécu l’éloignement avec sa famille, comment il a ressenti le fait d’être dépendant de quelqu’un d’autre, ayant été un chef d’entreprise avant la guerre. Il raconte sa famille, la peur qui s’insinue un peu partout, la complexité à trouver du travail, l’hésitation à partir pour en chercher ailleurs, l’inquiétude permanente d’être fait prisonnier…

Ce premier volume s’arrête alors que Hakim et sa jeune épouse décide de suivre les parents de celle-ci à Istanbul, où ils espèrent tous trouver du travail, leur permettant de vivre décemment. J’ai à la fois hâte de lire le prochain tome et un peu d’angoisse: qu’est-ce qui attends encore Hakim et sa famille ?

Tout le monde devrait lire ce roman graphique, pour se rendre compte du périple vécu par tous ceux appelés « migrants », et combien ils préféreraient être chez eux, en sécurité. C’est une très belle BD, pleine de vie et d’émotions, racontant l’histore d’êtres humains déracinés, avec des explications claires de cette guerre syrienne.

Alise 🐢

 

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