Là où rêvent les étoiles – Éric Marchand

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« Au XIXe siècle, il y eut une nouvelle génération de bâtisseurs. Ils travaillaient l’acier, le fer, le cuivre ou la pierre, partaient à l’assaut du ciel et vénéraient tous le même dieu, qu’ils nommaient Progrès. Juin 1863, deux hommes aux tempéraments opposés mais unis par la même passion vont se rencontrer dans l’immensité désertique de la plaine d’Andalousie. L’un, Gustave Eiffel, jeune ingénieur ambitieux, veut s’établir à son compte comme constructeur. L’autre, Clément Delhorme, pionner des vols d’altitude en ballon, à la tête d’une famille bohème établie à l’Alhambra de Grenade, est à l’origine des premiers modèles de prévision météorologique. À partir de ce jour, les deux génies vont lier leurs vies et leurs envies de records, et se façonner un destin à la hauteur de leurs rêves. »


Après un an dans ma bibliothèque, j’ai enfin lu ce roman! Il m’attirait beaucoup, autant par la couverture (j’adore cette peinture de Victor Dargaud) que par le résumé. C’est typiquement le genre de lecture que j’apprécie, une fiction qui recoupe plusieurs genres: policier, art, romance, histoire, et qui est suffisamment longue pour avoir un développement sympa. Je n’ai pas été déçue ! Malgré l’épaisseur je l’ai lu assez rapidement, environ une semaine.

Comme je le soupçonnais, ce roman s’étale sur une période assez longue, une cinquantaine d’années. La narration est chronologique, malgré des retours dans le temps. Ce que j’ai trouvé drôle, c’est que ces retours dans le temps sont le squelette du livre, ils forment 70-80% du récit. Le « présent » n’est mentionné qu’à quelques reprises, chapitres destinés à replonger dans le passé.
Conformément à mes attentes, dépassées pour le coup, de nombreux genres sont présents, même si peu soulignés. Évidemment, de la romance, mais rien de guimauve. Clément et Alicia forment un couple solide, dont la tendresse est évidente mais qui traverseront des difficultés. Ce couple la base du roman, c’est grâce à elle que tout débute et que tout finit. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur a décrit leur relation, il ne tombe pas du tout dans l’excès, peignant en fait un amour moderne, où Clément envoie valser les conventions pour Alicia, où elle travaille, où ils font bloc contre l’adversité, où ils s’expatrient ensemble. Amour fraternel également pour ces 5 jeunes, élevés ensemble à la manière d’une portée. Entre la saine rivalité qui règne entre les trois garçons et les différences fondamentales des deux filles, ce quintet sympathique grandit devant nos yeux.

On trouve également un semblant de roman policier, avec les détraqueurs de la famille Delhorme, la disparition de Clément… Pas aussi poussé que je ne l’aurais aimé, mais ça donne tout de même une impulsion au roman. En plus du côté historique et artistique que tout récit basé dans l’Alhambra à la fin du XIXème siècle possède, on en apprend bien plus que prévu par le biais d’Alicia, qui travaille à la restauration de ce magnifique château. En compagnie d’un ingénieur, elle explique souvent aux lecteurs et aux invités de l’Alhambra les travaux qu’elle est en train d’effectuer, ses découvertes et l’histoire des précédents occupants du lieux.

Je crois qu’un des côtés qui m’a le plus transportée c’est celui du progrès, de la science. C’est ce qui rythme le roman, car c’est en fonction des découvertes, des avancées d’Eiffel et Delhorme que ce récit va prendre une direction ou une autre. Parmi les sujets abordés, l’ingénierie, l’architecture et la météorologie. J’ai été la spectatrice incrédule de l’édification du pont sur le Douro, de celui du Gard et de la tour Eiffel. Les explications de ces prouesses sont vulgarisées mais restent complexes à comprendre. Clément Delhorme, lui, se consacre à la météorologie, mais trouve le moyen d’inventer un frigo pour aider un ami. J’ai adoré voir l’Europe rayonner et se développer sous cet angle !

On pourrait croire que l’histoire est confuse au vu du nombre de personnages qui composent ce roman, mais pas du tout. Ils sont tous tellement différents, tellement bien décrits que le doute n’est pas permis. En plus, ils suivent tous un chemin bien précis. Entre Irving qui se passionne pour la photo, Javier pour l’architecture et Nyssia qui décide de conquérir la haute société, le flou n’a pas lieu d’être. Petit bémol sur la narration: avec autant de personnages, il n’est pas possible de les suivre tous, notamment Nyssia dont on n’a presque plus aucune nouvelle à partir de son départ de Grenade. C’est un pan du roman qui n’est pas relaté, j’ai été assez frustrée! Avec son fort tempérament, suivre son parcours aurait été intéressant…
Ayant adoré ce livre, je me suis aussi sentie frustrée par la disparition de Clément, qui se révèle finalement bien peu mystérieuse. Je pensais que le roman se construirait autour de cette disparition, mais en fait l’histoire avance très bien sans cela !

En définitive, un livre qui m’a vraiment emballée, autant par la myriade de personnages attachants que par les thèmes abordés. J’ai appris des choses, en ai redécouvert d’autres, vu l’Europe et le XIX-XXème siècle sous un autre angle ! Une fiction qui se laisse dévorer très rapidement, malgré son épaisseur 🙂

Alise 🐢

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