Les enfants de Venise – Luca Di Fulvio

« Venise, 1515. Peu de villes auront connu autant d’injustices, de dangers, de misère et de vices. De liberté, aussi.
Liberté pour Mercurio, petit voleur des rues, as du déguisement, pour qui le pavé romain est devenu trop brûlant. Liberté pour Giuditta, jeune et belle Juive, dont la religion semble ici tolérée – mais pour combien de temps ?
Rien ne les vouait à s’aimer. Pourtant… Entre inquisiteurs et courtisanes, palais, coupe-gorge et canaux putrides, les amants de Venise feront mentir le destin… »


Aperçu sur l’Instagram de Livres à lire il y a quelques semaines (mois ?), j’ai enfin mis la main sur Les enfants de Venise ! Lors des Quais du Polar à Lyon en Avril dernier, on a eu la chance d’apercevoir Luca Di Fulvio avec ma maman, qui m’a offert ce roman qui me faisait de l’œil depuis un moment.

Et je n’ai pas été déçue !! Un bon gros pavé, avec une vraie histoire comme il s’en fait de moins en moins. Une suite logique dans les événements, une intrigue bien nouée, des personnages différents mais touchants, une misère sans nom, des descriptions superbes, et je reviens dessus: mais la trame du livre, God ! Tout simplement génial. J’ai retrouvé le genre de narration qui m’a plu dans Le médecin d’Ispahan. Une suite logique d’aventures, qui parfois s’éternisent, un livre qui se lit lentement, avec plaisir, et à chaque fin de chapitre: « Et maintenant? » Le genre de livres qu’on lit avec le sourire aux lèvres !

Pour en venir au contenu: il y a quantité de personnages, trois principaux je dirais, mais une bonne dizaines de personnages secondaires qui interviennent très fréquemment et possèdent une influence dans l’histoire. Evidemment, d’autres apparaissent plus ou moins souvent, mais ils ne sont pas aussi importants. On a donc un beau panel de protagonistes, assez divergents dans leur caractère, mais à cause de leur prénoms (très italiens, on s’en doute), j’ai eu un peu de mal pendant les premiers chapitres. Heureusement, Di Fulvio les a chacun doté de traits uniques et on s’y retrouve rapidement. J’ai vraiment apprécié l’imbriquement des histoires les unes dans les autres, qui illustre joliment l’effet papillon. Ce procédé allège aussi le livre, qui serait peut-être bien long sans ça (on parle quand même de 987 pages au format poche !), sans pour autant le raccourcir ou atténuer la force du récit.

Di Fulvio est très réaliste dans son écriture, quand il relate des scènes de lutte par exemple, il n’hésite pas à décrire tous les mouvements en détail, ce qui laisse peu de place à l’imaginaire mais qui par contre nous emporte dans le Venise du XVIème siècle. J’insiste aussi, mais chaque personnage a vraiment ses idées, son physique, son caractère propre, je l’ai rarement autant ressenti qu’ici. On assiste à des amitiés, des amours totalement surprenants à cause de ça, mais qui en paraissent d’autant plus naturels. On voit les personnages s’affronter, se battre, s’aimer, échafauder des plans, refuser, renoncer, trahir, voler, mentir, aider, soigner… Comme des papillons de nuit dans un bocal, qui refusent obstinément de se satisfaire de ce qu’ils ont. Di Fulvio nous raconte ici l’aventure de gens du commun -donc les pauvres de l’époque- dans la magnifique cité libre -en théorie- qu’est Venise. Il faut bien se remettre en tête, qu’au XVIème siècle les conditions de vie n’étaient pas les même, ni habitants. On est donc face à une misère sans nom, où la survie prime sur la morale. C’est fascinant !

Pour peu qu’en plus le lecteur ai déjà visité Venise… J’y ai mis les pieds très rapidement, mais l’auteur ravive ces souvenirs avec une habileté incroyable, et on peut réellement suivre la cavale de Mercurio. Une relation qui oscille entre l’amour et la haine avec Benedetta, Zolfo, Giuditta, Isacco, Lanzafame, Scarabello, Shimon, Ottavia se forge à la lecture de ce livre, au beau milieu des canaux de Venise…

Alise 🐢

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