Les passants de Lisbonne – Philippe Besson

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« Hélène a vu en direct à la télévision les images d’un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis. Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture.
Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler. Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l’être aimé ? Et le manque ? Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s’intéresser, de nouveau, aux vivants ? »


Dévoré en une nuit ! J’ai complètement adoré !

En toute simplicité, sans étalage de sentiments collants, Besson a écrit un magnifique roman sur le deuil. Comment faire son deuil d’une personne ou d’une relation ? A travers 200 pages, on suit avec Hélène et Mathieu le long chemin qu’ils empruntent pour se libérer de ce morceau de leur passé qui les empêche d’avancer.

Cette possibilité leur est offerte grâce à Lisbonne. Ils ne se connaissent pas du tout, et se parlent pour la première fois presque malgré eux, sans préméditation, avec naturel. Tous les jours, ils se retrouvent pour visiter la ville, et pour raconter leur histoire, sans fards, sans se poser en victimes éplorées, plutôt avec le besoin, l’urgence de déposer une partie de leur fardeau aux pieds de quelqu’un d’autre. Ayant traversé la même peine, les mêmes affres, ils ne font pas l’erreur d’offrir une fausse compassion à leur compagnon d’infortune. Comment peut-on être sensible à la mort de quelqu’un que l’on n’a jamais vu, jamais connu ? Grâce à cela, grâce à ces promenades bénéfiques, lentement, la vie reprend son cours, toujours aussi brutale, toujours aussi douloureuse, mais avec la certitude que quelqu’un, là dehors, vit la même chose, la certitude d’être deux.

Cette relation qui se noue entre Mathieu et Hélène est éphémère, étrange, bienfaisante, nécessaire. Jamais ils ne tenteront de se séduire, jamais ils ne tenteront de se projeter dans le futur, ni même d’être amis. Cet accord tacite leur permet d’être honnête, de raconter la tragédie qui les frappe sans se mentir, de s’effondrer un petit peu, de craquer juste suffisamment pour pouvoir reprendre sa route.

C’est une histoire magnifique, émouvante, pleine de pudeur, de sentiments retenus et dévoilés, qui se lit facilement, qu’on aie connu un deuil ou non. A lire !

Alise 🐢

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