Assises à Nice – Michel Tourscher

« Lundi 14 Septembre. Jour de procès presque ordinaire à Nice où la Cour d’assises s’apprête à juger le meurtrier de deux jeunes femmes. Deux ans plus tôt, la découverte de ces étudiantes assassinées de plusieurs coups de couteau avait plongé la Côte d’Azur dans la crainte d’un tueur insaisissable. Le commandant Gabriel Lavilla et son équipe s’étaient alors engagés dans une course contre la montre pour identifier puis interpeller l’assassin. Et tant pis si l’homme n’avait jamais avoué, les charges étaient suffisantes pour le mettre à l’ombre et l’empêcher de récidiver. Et aujourd’hui à l’heure du procès, Lavilla regrette déjà les cinq jours d’audience prévus. De longues heures inutiles selon lui car le verdict ne fait aucun doute… De plus il se serait bien passé de cette convocation au tribunal. Sauf que lorsque l’accusé persiste à nier, qu’un ténor du barreau se mêle de sa défense et que les failles d’une enquête se referment sur leur auteur, les certitudes volent en éclat, et avec elles, la conviction d’une condamnation acquise d’avance. »

Un policier, pour changer ! J’avais arrêter d’en lire il y a quelques années, car la tendance actuelle (sanguinolente, perverse, monstrueuse) me déplaît. Et arrive ce beau livre chez moi par l’intermédiaire d’un anti-swap avec la géniale Christel (Instagram) !

Environ 250 pages de pur régal ! Quel bonheur de retrouver enfin un policier aussi bien écrit ! Effectivement, les assassinats des deux jeunes femmes ne sont pas décrit en détails, comme bien trop souvent. L’auteur nous livre seulement le « résultat final », si je peux dire, mais la portée n’en est pas moindre.

Ici, l’enquête est prise quelque peu à contre-sens, puisque le roman commence avec le procès du suspect, le livre ne s’articule donc pas vraiment autour de la traque du meutrier. On suit en parallèle, à travers les yeux du commandant de police, le procès du suspect et le déroulement de l’enquête, ainsi qu’il la raconte à la barre. Le suspense n’est pas dévorant, dans le sens où on sait déjà que la police va trouver quelqu’un. Le suspense (et je trouve, le charme) du roman réside dans le verdict: tout au long de l’histoire, on suit les jurés tirés au sort, l’équipe de police, l’avocat, la juge, la victime ayant échappée au meurtre, les familles des victimes…

On apprends les rouages du l’organe de justice, de l’enquête à la fin du procès. On est menés par Tourscher tout au long: on est certains que le suspect est coupable et on voit, petit à petit, les faiblesses de l’enquête, on partage la frustration des policiers, la colère des familles, l’hésitation des jurés, la rage des avocats… C’est un superbe ensemble, manié avec un soin particulier, et on en ressort songeur: qu’aurais-je fait à la place des jurés ? Qu’est-ce que véritablement la justice ? Peut-on prouver que quelqu’un est coupable, à 100%, quand il n’y a pas d’aveux ?

Un roman policier génial, qui fait son boulot de A à Z, sans tomber dans le sanglant, en faisant s’interroger le lecteur… Par-fait !!

Alise

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