Mousseline la Sérieuse – Sylvie Yvert

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« Marie-Antoinette, sa mère, la surnommait « Mousseline la Sérieuse ». Et en effet Marie-Thérèse-Charlotte de France ne se départit jamais d’une certaine tristesse, d’un goût pudique pour la solitude. Est-ce d’avoir vécu tant d’épreuves? L’irruption brutale de la Terreur révolutionnaire dans une enfance dorée, l’exécution de ses parents, la mort de son jeune frère Louis XVIII… Tellement de souffrances accumulées dès le début de son existence. Elle seule survécut à la prison du Temple, fut bannie, vécue 73 ans et trois révolutions. Les pages les plus tourmentées de l’Histoire de France s’écrivirent sans elle: c’est cet affront qu’elle lave ici, à l’encre de ses larmes. »

   Quelle est la dernière fois qu’un livre vous a appris quelque chose ? Je veux dire, réellement appris quelque chose ? Pour moi c’était ce livre, et c’était une claque: j’ai tout bonnement découvert cette petite princesse ! Férue d’Histoire depuis toujours, ayant beaucoup lu sur Marie-Antoinette, et après trois années en licence d’Histoire, je n’ai jamais vue passer une seule mention de Marie-Thérèse-Charlotte de France. A croire que c’est une véritable « oubliée de l’Histoire » ! A tel point que j’ai commencé ce roman persuadée que c’était une fiction; mais le doute s’est vite installé, vu la précision du récit… C’est en arrivant au moment où la princesse évoque le portrait réalisé par Elisabeth Vigier Lebrun représentant Marie-Antoinette et ses enfants que je me suis décidée à faire quelques recherches…

Taille-intermédiaire

   Après quelques clics sur Internet, donc, j’ai pu enfin apprécier ce roman superbe à sa juste valeur. Il est écrit avec une finesse folle, l’auteur ayant respecté la façon de s’exprimer typiquement aristocrate, mais aussi la pudeur de rigueur, tout en livrant quand même assez de détails sur les sentiments princiers pour convaincre le lecteur. Sylvie Yvert a réussi un exploit en « romançant » un ouvrage au contenu historique. Les recherches effectuées, la précision de l’ensemble et le travail de reconstitution en feraient presque une biographie.

   Cette princesse ayant vécu 73 ans, on pourrait craindre une histoire longue, truffée de dates, personnages et lieux, comme un livre scolaire, alors que c’est tout le contraire. En rédigeant à la première personne du singulier, Yvert nous entraîne à la suite de « Mousseline », qui nous décrit la Cour à travers ses yeux, et la Révolution comme personne ne l’a vécue. Elle nous raconte l’emprisonnement, les Tuileries, le Temple, la fuite et la peur, alors même qu’elle est à peine une adolescente. Elle brosse le récit de sa famille, des raisons de leurs actes, le pourquoi du comment, et surtout la vitesse folle à laquelle l’engrenage de la Révolution a broyé l’ordre multi-séculaire qui régissait la vie quotidienne en France. Après le traumatisme de la fuite à Varennes, la souffrance de l’emprisonnement au Temple, elle nous dévoile l’Après, ses exils successifs qui l’atteignent plus profondément à chaque fois qu’elle est contrainte de quitter sa chère France.

   C’est une princesse fataliste, ballotée d’un pays à l’autre, obligée de changer de nom à maintes reprises, et de dire adieu aux membres de sa famille plus souvent que nécessaire que nous découvrons ici. Reine sans la couronne pendant plus d’une quinzaine d’années, elle sera la dernière dauphine de France.

Sylvie Yvert signe avec brio un roman bouleversant, fascinant et addictif de tout un pan de l’Histoire française, et nous instruit sans en avoir l’air. Une excellente découverte !

Alise  🐢

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