On ne voyait que le bonheur – Grégoire Delacourt

IMG_20170919_101038_089« Antoine, la quarantaine, est expert en assurance. Depuis longtemps, trop longtemps, il estime, indemnise la vie des autres. Une nuit, il s’intéresse à la sienne, se demande ce qu’elle vaut vraiment. Par une introspection sans concession, il nous entraîne au cœur de notre propre humanité, lui qui ne s’est jamais remis de son enfance, balloté entre faux bonheurs et réelles tragédies. Orchestré en 3 mouvements, de Nord de la France à la côte Ouest du Mexique, On ne voyait que le bonheur explore aussi le pays de l’adolescence. Et montre que le pardon et la rédemption restent possible en dépit de tout ».

J’ai commencé ce livre avec plaisir, motivée par les livres précédents que j’avais lu, de G. Delacourt, et vraiment aimé (La liste de mes envies, La première chose qu’on regarde). Le récit s’articule en 3 parties: Antoine le protagoniste raconte à son fils l’histoire de leur famille; Antoine refait sa vie au Mexique après le drame; et enfin le journal intime de Joséphine depuis le drame.

Mais très vite j’ai eu du mal à rester accrochée, le fil conducteur de l’histoire n’étant pas si évident que ça… Delacourt a toujours une façon d’écrire assez spéciale, qui se marie bien avec son récit. Mais dans ce roman-ci, ajoutée à un choix de narration pas ordinaire, j’ai vraiment eu du mal à saisir l’ampleur de l’histoire. Et lire en se disant « Je comprendrais plus tard » n’est pas quelque chose que j’aime beaucoup !

Pour en revenir au style de Delacourt, ses phrases de plus en plus courtes et cinglantes font toujours leur effet, mais ici conjuguée à un sujet assez pathétique, j’ai eu l’impession de faire du surplace, et c’est bien dommage ! Il y a beaucoup de violences (d’abord psychologique avant d’être physique) et un d’auto-apitoiement du personnage principal qui m’a déplu. J’ai vraiment eu du mal à m’identifier à Antoine et à comprendre ses actes. A plusieurs reprises, Antoine évoque la lâcheté, s’y reconnaît, s’y complait presque pendant tout le livre, jusqu’à avoir le courage enfin d’agir, et rétrospectivement, on aurait préféré qu’il n’en fasse rien.

A contrario, le personnage d’Anna, la sœur d’Antoine m’a émue, je trouve qu’il était juste et fin, sans excès. Sa tristesse est omniprésente, mais douce et résignée, et la relation fraternelle est évoquée d’une façon superbe.

Un livre sur la lâcheté, un contexte familial plus que troublé, cependant j’ai du mal à l’apprécier à sa juste valeur. En le refermant, j’étais perplexe et un petit peu nauséeuse comme si il manquait quelque chose. En somme, une écriture singulière mais agréable (que j’ai adoré dans La première chose qu’on regarde) qui nous conduit jusqu’à une chute vertigineuse, chute qui sauve quelque peu le livre à mes yeux. Même si l’anti-héro qu’est Antoine est parfaitement décrit, la troisième partie concernant sa fille m’a davantage parlé.

Alise  🐢

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